Antonio LIGABUE (1899-1965) - Lot 23
Estimation : 3000 - 5000 EUR
Résultat : 10 500 EUR
Antonio LIGABUE (1899-1965) Les labours Huile sur panneau de bois. Petit panneau très fin contrecollé sur un panneau et petite fente horizontale Monogrammée A.L. en bas à droite. 8,5 x11,5 cm Provenance: -Cadeau de Mr. Anatole Jakowsky à Monsieur X. -Collection de Mr. X Ce peintre peu connu du grand public a pourtant marqué l’histoire de l’art naïf. Il est l’un des principaux représentants d’une poétique naturaliste, influencée par le douanier Rousseau. Ses sujets de prédilection sont les animaux et les scènes bucoliques des champs et des travaux saisonniers de la ferme. Après une jeunesse faite d’errance, de misère et de solitude, Ligabue découvre son don artistique. Il peint sur les murs ou sur les arbres (il dort parfois en forêt) les paysages et les animaux qu’il observait dans son enfance au zoo de Zurich. Le peintre Mazzacurati le découvre en 1927, comprend son talent et le fait exposer. Sa renommée d’artiste est très vite établie. Sa situation économique s’améliore, néanmoins il reste un marginal, jusqu’à sa mort. Il souffre de dépression sévère et est hospitalisé en psychiatrie à de nombreuses reprises. Ses autoportraits crient, hurlent sa douleur, son angoisse, sa solitude. Même après le succès, Ligabue reste une créature désespérée et solitaire. Ligabue séjourne régulièrement dans les fermes des agriculteurs qui le nourrissent en échange de ses tableaux. Notre oeuvre, au-delà de sa beauté naïve dégage néanmoins un sentiment de la dureté irréversible de la vie. Le dos courbé du cheval, la posture appesantie du fermier dans le labeur, la solitude de ces deux êtres sous l’orage est poignante. L’art de Ligabue réside ici dans sa dimension authentique et primitive car Ligabue peint sans formalisme, animé par une nécessité intérieure, Ligabue nous touche par l’humanité de son regard.